Mirabaud: Renforcement de la confiance et baisse du risque politique

4 mai 2017 -

   MAI 2017

STRATEGIE D’INVESTISSEMENT,
GROUPE MIRABAUD & CIE

   
LES DERNIÈRES DÉCISIONS DU COMITÉ D’INVESTISSEMENT INCLUENT :

  • Sur les marchés obligataires émergents en dollar américain, nous réduisons notre positionnement tactique à neutre en réaction à la faiblesse des écarts de crédit.
  • Nous investissons le produit de cette vente sur les obligations à taux variable en Europe et aux Etats-Unis.
  • En Europe, nous vendons des certificats actions à haut dividende au profit des valeurs bancaires et industrielles.
  • Aux Etats-Unis, nous réitérons la recommandation d’achat sur les actions financières américaines.
 

En Avril, l’amélioration de l’activité économique et des conditions financières n’ont pas suffi à compenser la hausse du risque politique aux Etats-Unis, en Europe et sur le marché de l’énergie. Des enjeux qui ont contribué à marquer une pause du scénario de réflation à l’échelle mondiale.

Aux Etats-Unis, les 100 premiers jours de la nouvelle administration ont mis en avant les difficultés à faire adopter rapidement de nouvelles réformes fiscales. Les craintes de report ont conduit à un ralentissement de la croissance des bénéfices, dont la moitié serait imputée à ces anticipations de correction des taxes, et ont ainsi favorisé une correction technique aidée par des valorisations historiquement élevées des marchés actions.

En Europe, la baisse de la prime de risque politique a favorisé un retour aux fondamentaux pour les marchés actions européens, une appréciation de l’euro et une correction des primes de risque sur les obligations souveraines de la France et de la Périphérie. Les marchés ont apprécié positivement la présence d’un candidat pro-européen au second tour. Pour autant, si le risque institutionnel en zone euro a diminué, celui de la politique persistera lors des prochaines élections françaises législatives et sénatoriales.

Sur le marché pétrolier, le prix du baril s’est renforcé début avril en réaction aux risques géopolitiques liés à la Corée du Nord, à l’Iran et au Venezuela avant de revenir sur des plus bas suite à l’accélération importante des inventaires de barils aux Etats-Unis.

En mai, les thématiques de marché discuteront du renforcement des flux financiers des actions américaines vers celles européennes, d’une possible réduction des inventaires sur le marché de l’énergie et de nouvelles attentes de normalisation de la politique monétaire de la BCE en réaction à un regain inespéré de l’inflation en zone Euro.

MACROÉCONOMIE

RENFORCEMENT DES FONDAMENTAUX DES ECONOMIES DEVELOPPEES ET EMERGENTES

La reprise cyclique et synchronisée de l’économie mondiale se poursuit à un rythme modéré. Les prévisions du FMI publiée ce mois-ci ont été révisé à la hausse la croissance mondiale de 0.1 point à 3.5% soutenue par le dynamise de l’activité en Inde, en Chine, au Japon et par un scénario moins pessimiste sur l’activité britannique pour 2017. Au premier trimestre, les indicateurs avancés sur l’activité accélèrent tandis que les publications macroéconomiques nt excédé les anticipations en particulier pour les économies émergentes.

Aux Etats-Unis, l’activité s’est maintenue à un rythme annualisé de 1.9% contre une prévision de la Réserve Fédérale de 2.1% pour la fin d’année. L’économie reste principalement soutenue par l’amélioration du marché du travail qui soutient la confiance des consommateurs et par la reprise continue du marché immobilier.

En zone Euro, les indicateurs ont affiché des hauts cycliques. L’activité poursuit son accélération dans la majorité des états-membres, l’inflation sous-jacente a excédé le seuil des 1% d’augmentation annuelle, la confiance des consommateurs s’est renforcée, tandis que le taux de chômage s’est corrigé à 9.5%. Cette amélioration profite à l’économie suisse et à une sortie progressive de la déflation – l’inflation sous-jacente ayant atteint un plus haut de deux ans à 0.1% en glissement annuel.

Au Royaume-Uni, des premiers signes de décélération sont observés : la croissance du PIB au premier trimestre a été limitée à 0.3%, les ventes de détails se sont contractées de 0.5% en mars, tandis que la part des investissements des entreprises dans le PIB poursuit sa décélération à 9.2%. Une hausse des taux par la Banque Centrale d’Angleterre est une possibilité non exclue par les marchés dans un contexte de plein-emploi et d’inflation à 2.3%.

ACTIONS

L’ATTRACTIVITÉ DES VALEURS EUROPÉENNES, INDUSTRIELLES ET BANCAIRES.

Les actions européennes ont profité de nouveaux flux entrants en réaction à la baisse de la prime de risque politique. Les premiers résultats de l’élection présidentielle française ont exclu un scénario de second tour avec deux partis anti-européens, conduisant les investisseurs à recentrer leur attention sur les fondamentaux de la zone Euro. Trois conditions soutiennent une vue positive sur les actions européennes et nous amènent à maintenir une allocation neutre en favorisant les titres cycliques.

Les conditions économiques en zone Euro poursuivent leur tendance haussière soutenue par l’accélération des indicateurs avancés sur l’activité, la hausse des surprises économiques positives et l’amélioration de l’inflation sous-jacente qui atteint 1.2% en avril, un plus haut sur deux ans.

Les conditions financières sont favorables aux actions européennes. La volatilité implicite est au plus bas depuis deux ans, tout comme les écarts de taux sur le marché du crédit européen, tandis que la Banque Centrale Européenne poursuit son assouplissement monétaire pour soutenir les conditions financières.

Les conditions de marché renforcent l’attractivité des actions européennes. Ces dernières sous-performent historiquement les actions américaines, en particulier lorsque la prime de risque politique augmente. Ainsi, une baisse de cette prime de risque favorise des entrées nettes positives sur les marchés européens. La croissance des bénéfices attendue sur douze mois excède 17% pour l’indice des actions européennes contre 10% pour l’indice des actions américains S&P 500.

Nous conservons ainsi notre vue positive sur les actions européennes et renforçons notre exposition aux valeurs financières et industrielles au détriment des valeurs à hauts dividendes qui profitent davantage de la hausse des taux sur les obligations souveraines et de l’amélioration de la conjoncture économique.

OBLIGATIONS

RÉDUCTION DE LA PRIME DE RISQUE MAIS REGAIN INFLATIONNISTE

Sur le marché de la dette souveraine américaine, la poursuite du rebond du rendement des obligations américaines à 10 ans est attendue après une baisse de 40 points de base en mars et avril. L’accélération de l’inflation et une meilleure croissance trimestrielle confirment la bonne tenue de l’activité tandis que trois hausses des taux directeurs par la Réserve fédérale en 2017 sont devenues consensuelles sur les marchés financiers.

Sur le segment de la dette souveraine européenne, les premiers résultats des élections françaises ont été interprétés comme favorable par les marchés ce qui s’est traduit par la baisse du risque politique et donc de la prime de rendement relative aux obligations allemandes, payée par la France et les pays de la Périphérie. Néanmoins, l’accélération de l’inflation sous-jacente et la révision à la hausse des anticipations d’inflation en zone euro nous amènent à conserver une sous-pondération sur le segment souverain des obligations de la zone Euro.

Nous sommes neutres sur le crédit américain comme européen. Aux Etats-Unis, la surperformance du segment à haut rendement sur celui de haute qualité depuis douze mois a été significative, soutenue notamment par le rebond du prix de l’énergie. En revanche, le potentiel de réduction des écarts de crédit reste fortement limité en raison au bas niveau actuel en comparaison historique. En Europe, le potentiel de baisse des taux est également de plus en plus limité notamment avec la hausse de l’offre obligataire liée aux opérations de fusions et acquisition attendues au cours de ces prochains mois.

Sur les pays émergents, nous prenons des bénéfices et réduisons à neutre notre positionnement tactique, suite à la forte compression des rendements sur les titres d’Etat souverain. Ce dernier mouvement se justifie par le renforcement des fondamentaux économiques et des indices des directeurs d’achats. Pour autant, ces marchés restent sensibles aux nouvelles hausses de taux directeur annoncés par la Réserve fédérale américaine, réduisant le potentiel de gain sur les titres obligataires émergents.

DEVISES

NOUS RESTONS POSITIFS SUR LE DOLLAR AMÉRICAIN A MOYEN TERME.

A court terme, la baisse du risque politique a favorisé une appréciation de l’Euro et une correction des valeurs refuges. L’Euro s’est ainsi apprécié en particulier face au Yen, face au dollar américain et face au Franc Suisse. La baisse de l’incertitude a conduit les investisseurs à délaisser les valeurs refuges du marché obligataire (obligations allemandes), du marché des devises (Yen, Dollar Américain) et des matières premières (Or). Le dollar américain se déprécie en réaction aux effets cumulés de la communication de l’administration américaine et du report au second semestre de la réforme des taxes et des dépenses publiques.A moyen terme, le renforcement du dollar américain demeure limité. Fondamentalement, les différentiels de taux sont soutenus par de nouvelles hausses des taux directeurs tandis que la FED devrait entamer les discussions pour entamer progressivement la normalisation de son bilan. Cependant, la communication du gouvernement et le risque de report de l’assouplissement fiscal contiennent les pressions à la hausse. La reprise du cycle de production sur le marché pétrolier continuera à soutenir les monnaies émergentes. Les monnaies émergentes sont aujourd’hui moins vulnérables aux tensions sur les taux américains en raison de la forte amélioration des comptes courants et des indicateurs économiques dans de nombreux pays émergents. Plus particulièrement, les monnaies asiatiques sont soutenues par la reprise de l’activité mondiale, en particulier par les bons chiffres économiques en Chine et l’appréciation du prix des métaux industriels. 

STRATEGIE DE MAI

***

   
Le Groupe Mirabaud

Mirabaud a été fondé à Genève en 1819. Au fil du temps, il s’est développé pour constituer un groupe international. Mirabaud propose à ses clients des services financiers et des conseils personnalisés dans trois domaines d’activité : Wealth Management (gestion de portefeuille, conseils en investissements et services aux gérants de patrimoine indépendants), Asset Management (gestion institutionnelle, gestion et distribution de fonds) et Brokerage and Corporate Finance (courtage, fusions et acquisitions).
Le Groupe emploie quelque 700 collaborateurs et compte des bureaux en Suisse (Genève, Bâle et Zurich), en Europe (Londres, Luxembourg, Paris, Madrid, Barcelone, Valence, Séville et Milan) et dans le reste du monde (Montréal, Hong Kong et Dubaï).
Pour plus d’informations, veuillez consulter le site www.mirabaud.com.

 
   

Contacts presse: 
Voxia communication
Rue de contamines 18
1206 Genève 
Isabelle Lueder
T. +41 22 591 22 70
isabelle.lueder@voxia.ch
Rohan Sant
T. +41 22 591 22 63
M.+41 79 120 00 28
rohan.sant@voxia.ch
   
   

Laisser un commentaire