Chapitre 6: Les 5 points essentiels en Litigation PR

26 juin 2018

Lorsqu’un client fait face à un litige qui peut prendre une dimension publique, il devra vraisemblablement avoir recours aux relations publiques. Comme toute profession, plusieurs règles fondamentales sont à suivre. Voici les 5 points essentiels à se rappeler:

1. Ne rien cacher à ses conseillers en communication

Lorsque l’on choisit un conseiller en communication, il est primordial de lui accorder sa confiance, de manière complète. Corollaire de cet état de fait, il est obligatoire de ne rien omettre lorsque l’on décrit une situation. Cela évite les «effets de surprises» dévastateurs au moment où ces informations omises – sciemment ou pas — sont révélées au public. L’effet boomerang engendré par de telles divulgations peut couler l’issue espérée dans l’affaire en cours et ruiner une réputation. Collaborer de manière transparente et efficiente est primordial.

2. Affronter les questions problématiques

Dans un dossier, il est impératif de traiter en priorité les points les plus difficiles. La politique de l’autruche est absolument à proscrire. En effet, il est fort préjudiciable de penser que certains éléments ne seront pas soulevés par les adversaires. Traiter chaque «point noir» de manière systématique et en premier permet de déminer le terrain, d’éclaircir toutes les problématiques et de libérer les énergies. C’est un préalable pour définir une ligne claire et précise de la stratégie de communication.

3. Choisir ses batailles

Pour gagner sa bataille, le chevalier émérite sera celui qui attaquera ses opposants méthodiquement. En communication cela revient à ne pas s’en prendre à trop de cibles en même temps et à choisir minutieusement ses thèmes d’attaque ou de défense. Les mots d’ordre sont prioriser et hiérarchiser. Certaines affaires prenant une dimension publique s’étalent souvent sur plusieurs mois, voire des années. Il convient alors d’optimiser la gestion de son énergie, de faire le tri entre l’important et l’accessoire. Parfois, il faut accepter de laisser passer des choses désagréables qui ne sont pas décisives ou stratégiques ou qui sont provisoires. Cela demande maîtrise et concertation.

4. Définir le timing adéquat

Étalé sur de longues périodes, le dossier va connaître des «vagues»; les creux offriront des répits pour expliquer et plaider au calme alors que les pics d’actualité mettront toute l’équipe — clients, avocats et communicants – sous forte pression. Il faut d’entrée s’organiser en acceptant que le temps des médias ne coïncide pas forcément avec celui des avocats. On doit le plus souvent procéder au découpage suivant: le temps en amont de l’audience judiciaire est destiné à expliquer les véritables enjeux de l’affaire dans les médias. À ce titre, il faut sélectionner des médias clés en fonction de la thématique et du public-cible et créer avec eux une relation privilégiée, notamment en leur consacrant du temps. Ensuite, à proximité de l’audience, c’est au tour de l’avocat de se faire le porte-parole de son client dans les médias. Le faire intervenir trop en amont serait une erreur stratégique.

5. Prendre des risques

Le silence n’est pas la meilleure solution. Bien au contraire. Lors d’un litige qui prend une tournure publique, il est souvent préférable, pour retourner une situation, de rencontrer les parties prenantes et l’opinion publique et de leur parler. Dans ce contexte, une règle est de mise: ce n’est pas votre interlocuteur qui doit s’adapter à votre discours, mais vous qui devez vous préparer à vos interlocuteurs finaux, ceux qui lisent, écoutent et regardent. On raconte la même histoire, mais pas de la même manière, à des radios et des chaînes de TV d’actu, qu’à des quotidiens, des hebdomadaires ou des mensuels. Tout comme on renseigne différemment des journalistes qui vont suivre l’affaire régulièrement ou sporadiquement, pour un lectorat grand public ou spécialisé. Il faut avoir des formats d’instruments de communication différents. Et surtout, il faut accepter de donner des informations et de répondre.

 


À propos de l’auteur

Jean de Belot, Aria Partners

Jean de Belot est actuellement associé fondateur de Aria Partners, cabinet de communication et d’affaires publiques à Paris. Journaliste pendant plus de vingt ans, il a notamment été directeur de la rédaction du Figaro (1999-2005) et rédacteur en chef des Echos (1992-1998), puis, durant près de trois ans (2005-2007), vice-président d’Euro-RSCG C&O.

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