Chapitre 1: Le Litigation PR ou la place de la communication dans la résolution des conflits

26 janvier 2018

 

Le Litigation PR, défini comme étant la gestion du processus de communication durant un litige dans le but d’influencer son résultat ou son impact sur la réputation de son client, connait un essor important.

Longtemps l’apanage de juridictions de droit anglo-saxon en raison de leur procédure particulière de règlement de conflits, le Litigation PR prend de l’ampleur dans les pays qui ne sont pas de common law. En Suisse, comme ailleurs, les raisons en sont la plus grande couverture des litiges dans les médias, une augmentation des risques d’être poursuivi en justice et bien entendu l’apparition et le développement des réseaux sociaux.

Le lecteur de presse en Suisse est de nos jours confronté aux «affaires» tant locales, nationales qu’internationales qui y sont copieusement relatées. Il suffit de mentionner les affaires récentes Sepp Blatter, UBS, Volkswagen, Nestlé, Ignaz Walker, ou encore Dominique Giroud, Dominique Warluzel ou Bernard Nicod. Ces quelques exemples connus de tous nous permettent de nous rendre compte que le litige se lit aujourd’hui avec autant d’intérêt que la section sport ou people d’un journal.

L’espace et le nombre d’articles consacrés aux contentieux dans la presse suisse sont conséquents. Il suffit de constater le nombre d’articles évoquant ces sujets dans les médias suisses en 2017. Le tableau suivant se limite à quelques titres «phares» romands et alémaniques:
 
   
 

Périmètre d’activité

Contrairement à ce que son nom laisse suggérer, le Litigation PR ne se limite pas à une communication de crise ou une stratégie d’influence au moment où une affaire est en train d’être jugée au tribunal. En effet, son utilité déborde en amont et en aval de toute procédure en cour de justice. En amont, afin de précisément prévenir une issue juridictionnelle lorsque l’on craint que la procédure puisse causer, au terme du procès, des dégâts réputationnels importants, même en cas de décision favorable. En aval, pour gérer l’impact de la procédure judiciaire sur la réputation et l’image de l’entreprise ou de l’individu concerné.

Dans ce cadre, les enjeux d’un contentieux peuvent largement dépasser les conséquences d’une décision judiciaire. Vivant à une époque où les informations échappent le plus souvent aux parties concernées et circulent extrêmement rapidement, les parties prenantes affectées ou pour le moins influencées par un litige sont potentiellement nombreuses: clients, actionnaires, créanciers, investisseurs, partenaires commerciaux, employés, autorités et ONG sans parler du public en général. Les dégâts, quant à eux, peuvent se mesurer en perte de chiffre d’affaires, mais aussi en perte de crédibilité, d’image ou même de confiance auprès de ses employés.

Dans un conflit, c’est cette dimension quasi universelle qu’il convient de prendre en compte et qui déterminera la communication qui sera forcément protéiforme, flexible et adaptée.

Le Litigation PR a des moyens et obéit à des règles qui lui sont propres. Si sa finalité première est d’obtenir gain de cause -et encore, la notion de gain peut être très subjective-, elle a aussi ses propres objectifs, soit de contrer les effets d’une publicité négative, d’assurer une couverture média équilibrée, de faire connaître le point de vue du client, d’aider les médias et le public en général à comprendre des situations juridiques complexes, de désamorcer un environnement hostile et de résoudre le conflit.

Au vu de ce qui précède, on peut considérer que le Litigation PR est une stratégie complémentaire et indispensable dans la gestion de toute affaire où un jugement dans la cour de l’opinion publique vient s’ajouter à celui dans la cour de justice, au risque d’être préjudiciable à son client.

 

À propos de l’auteur

Laurent Ashenden a une formation de juriste et d’économiste (Masters en droit et en sciences économiques de l’Université de Lausanne).

Au cours d’une carrière professionnelle de plus de 30 ans, il a créé une dizaine d’entreprises notamment dans le secteur financier. Il a par ailleurs fondé Voxia communication, une agence de relations publiques leader en Suisse (membre de la BPRA) qui se spécialise dans les relations presse, les relations investisseurs, les affaires publiques, la communication d’entreprise et la communication de crise. Il dirige actuellement la société et s’occupe plus particulièrement du département dévolu au Litigation PR.

 

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